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article 2 : introduction à la psychanalyse

PARTIE I : « Je suis où je ne pense pas »

Comme nous avons pu le présenter dans l’article d’introduction, le sujet en psychanalyse (Lacanienne) est à un autre niveau, que le sujet dit « normal » que l’on peut trouver dans la littérature, la philosophie, les sciences sociales ou encore la psychologie scientifique[1]. Ainsi pour Lacan, nous serions divisés ou comme coupé en Deux. Pour faire rapide, il y aurait donc d’un côté ce qui serait conscient et d’un autre ce qui serait inconscient. Tout ce qui fait ce que vous pouvez dire de vous serait le conscient et tout le reste, soit le pourquoi vous répétez des choses qui vous font souffrir par exemple, serait l’inconscient. Voilà donc ce qui pose un problème, il y aurait donc des choses que nous faisons qui serait des répétitions de choses plus anciennes que nous recommençons encore et encore et qui nous feraient bel et bien souffrir.

À partir du moment où l’on pose cette première division, vient à se poser la question du pourquoi cette première division ?

C’est ce qui nous amènera à discuter d’un autre concept, que Lacan a travaillé, à savoir : la problématique entre le signifiant et le signifié. Il faut savoir qu’à la base, dans la linguistique générale (voir Saussure[2]) on pense que le rapport dans le langage est celui du signifié sur le signifiant. La première chose serait le concept et donc ensuite viendrait le signifiant qui est ce que l’on nomme en linguistique « l’image acoustique » (le mot). Cependant, Lacan propose un rapport inverse. Le concept et son image acoustique formeront un rapport d’association, qui pour Lacan, est une occultation, le discours du sujet est un leurre il ne sait pas ce qu’il dit en réalité. C’est cette idée que reprend, nous semble-t-il, Lacan dans les « autres écrits », quand il donne une définition de l’inconscient comme étant ce qui efface. Vous me direz certainement mais quel charabia… Qui peut comprendre cela et qu’est-ce que cela à avoir avec le fait d’aider une personne qui vient voir un psy ? Vous êtes-vous véritablement demandés ce que le psy faisait pour vous aider ? Il écoute ou il cherche à entendre ? Entendre certes mais quoi ? Ce qui a été effacé dans votre syntaxe… Et pour cela il faut qu’il en connaisse quelque chose de ce qu’est le langage. Personnellement je ne lis pas dans le marc de café magique, en revanche je lis dans ce que me re-conte mon patient de ce qu’il aurait à dire de ce qui a été effacé.

« Impossible de retrouver l’inconscient sans y mettre toute la gomme, puisque c’est sa fonction d’effacer le sujet. D’où les aphorismes de Lacan « l’inconscient est structuré comme un langage », ou bien encore « l’inconscient c’est le discours de l’autre ».

Ceci rappel que l’inconscient, ce n’est pas perdre la mémoire ; c’est ne pas se souvenir de ce qu’on sait. Car il faut dire, selon du non-puriste : « je m’en souviens », soit : « je me rappelle à l’être (de la représentation) à partir de cela. De quoi ? D’un signifiant.

(Note – l’inconscient n’est pas subliminal, faible clarté. Il est la lumière qui ne laisse pas sa place à l’ombre, ni s’insinuer le contour. Il représente ma représentation là où elle manque, où je ne suis qu’un manque.)

Je ne m’en souviens plus, ça veut dire, je ne me retrouve pas là-dedans. Ça ne me provoque à nulle représentation d’où se prouve que j’aie habité là. Cette représentation d’où se prouve que j’ai habité là.

Cette représentation, c’est ce qu’on appelle souvenir. Le souvenir, le glisser dessous (…)

Tout ce qui est de l’inconscient ne joue que sur des effets de langage. C’est quelque chose qui se dit, sans que le sujet s’y représente, ni qu’il s’y dise, – ni qu’il sache ce qu’il dit (…)

Mais nous y reviendrons tout au long de notre développement. Pour Lacan, il y a une séparation entre les deux qui symbolise d’une certaine manière la machine psychique.

La division de ce que l’on nommera rapidement la personnalité dans une totalité, entre conscient et inconscient a un impact sur la personne. C’est-à-dire que sa position de sujet est elle-même soumise à la division. Ces deux parties séparées ont une incidence dans la cure psychanalytique. L’une d’entre elles serait que quand nous parlons de nous, nous sommes dans un endroit que nous nommerons (à la suite de Lacan) le leurre.

Leurre qui s’explique par l’idée que le « véritable sujet » serait dans la partie inconsciente. Et du fait de la division nous n’y avons pas ou plus accès de manière directe. Le leurre est la partie consciente qui au fur et à mesure de la vie, s’est représentée dans ce que l’on dira du « semblant » ou « sans-blanc », l’équivoque du mot ici, nous l’utilisons pour essayer de faire passer l’idée que l’être ne peut (tout comme la nature) supporter le vide. De là il cherche à créer quelque chose, cette chose sera la représentation imaginaire, pour recouvrir un vide somme tout angoissant pour tout un chacun.

Ce que nous allons tenter d’expliquer ici c’est comment se met en place cette question du leurre et de l’occultation du sujet.

[1] Je prends le parti de notifier scientifique, puisque nous ne sommes plus en 1940 et que la psychologie est subdivisée en plusieurs « écoles » qui n’ont pas la même approche.

[2] F. de Saussure (1980). Cours de linguistique, cité dans l’édition critique, Paris, Payot. 

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