Qu’est-ce que la psychologie du développement

mars 7, 2017

Avant propos

« L’objet… d’exposer des connaissances et de donner matière à réflexion sur le développement de l’Homme. Ce domaine de la psychologie a connu son heure de gloire avec la psychologie génétique de Jean Piaget et de l’Ecole de Genève dans les années 1960-1970 ? Bien à tort, il semble avoir ensuite perdu de son prestige au bénéfice de programmes de recherche où le système humain est étudié dans son initial, le bébé, ou final, l’homme « achevé »- voire son modèle artificiel : l’ordinateur ». Cela s’est traduit dans les faits par un engouement extraordinaire pour la « bébologie » et, conjointement, pour la psychologie cognitive de l’adulte directement centrée sur l’intelligence artificielle (…) La question est de savoir si la focalisation sur l’état initial et sur l’état final ou stable n’esquive pas un problème scientifique essentiel : expliquer le devenir humain, ses mécanismes et ses jalons. Certes le bébé nait « humain » comme le remarque Melher et Dupoux (1990), et c’est l’évidence si l’on se réfère à l’espèce. Mais il le devient plus encore en réalisant l’enfant, l’adolescent, puis l’adulte qu’il porte en puissance. Entre l’état initial du bébé et l’état stable de l’adulte, il existe un système complexe d’état stables et instables intermédiaires, qui ne sont pas sans importance à court ou à long terme, qu’il s’agisse de la cognition, de l’affectivité ou de la socialisation (…) De la fécondation à la mort, l’homme est perpétuellement en état de transformation, il évolue, involue, compense, et c’est ce que nous décrit la psychologie du développement « vie entière » (en anglais Life span : developmental psychology).

            L’enjeu … est de rétablir l’homme dans son devenir, objet de la psychologie du développement. »[1]

  • Introduction à la question de qu’est-ce que la psychologie du développement :

Larousse, pour définir le terme de « développement » jetons un oeil dans le dictionnaire, pour que l’on soit tous d’accord de parler de la même chose.

 Définition :

  • Littéraire. Action de déployer ce qui était roulé, plié (papier, tissu, etc.) : Le développement d’une banderole.
  • Fait de grandir, de croître, de se développer ; croissance : Développement intellectuel d’un enfant.
  • Fait pour quelque chose de progresser, de s’accroître, de prendre de l’importance ; essor, expansion : Développement industriel d’une région.
  • Mise au point d’un appareil, d’un produit en vue de sa vente ; période précédant la commercialisation : Le développement de cette machine demandera deux ans.
  • Fait de se développer, de se multiplier, de proliférer : Développement anarchique des cellules cancéreuses.
  • Exposé détaillé d’un sujet : Se lancer dans un long développement.

Ce qui nous fait partir selon différents psychologues et chercheurs de trois facteurs suivant pour comprendre  :

  • La continuité
  • La finalité
  • L’évolution

L’étude de la psychologie du développement nous renvoie donc à l’idée de la temporalité de l’Homme. Cette discipline part du principe que pour comprendre l’Homme il nous faut d’abord comprendre d’où il vient et pour cela comprendre l’adulescent, l’adolescent, l’enfant, et enfin le bébé. Dans l’avant propos, il est dit qu’il est évident que l’enfant nait humain. Il faut savoir que cela n’a pas toujours été le cas. A une certaines époque, pas si lointaine de nous, l’enfant était considéré comme un « parasite » qu’il fallait nourrir et changer. Un fardeau. Ce n’est que bien plus tard que de la considération est mise en place pour le petit de l’homme comme un être à part entière.

  1. repenser l’enfant

Il faut savoir que l’enfant, est loin d’être un réceptacle passif, que l’éducation pourrait totalement modelé. Cela veut dire que la conception du conditionnement d’un être totalement vierge est grandement remise en question. C’est un mythe qui pourtant reste très prégnant dans la pensée populaire et encore très actif de nos jours.


« Le bébé a d’abord été considéré comme un être non cortical, agissant de manière purement réflexe, pour ensuite être reconnu comme un organisme compétent et très bien équipé pour faire face au monde. (…) Pour le futur, des perspectives intéressantes s’ouvrent, car nous venons juste de commencer à comprendre les fonctionnements de base du bébé, un être aussi complexe que fascinant » (Clifton, 2001; p. 29)


Une autre idée erronée qui subsiste malgré les découvertes et le savoir actuel est que tout ce qui arrive dépend des parents, vis-à-vis leur dextérité à aimer et à protéger leur enfant.Les découvertes de la psychanalyse ou après de la psychologie expérimentale ont laissé des trace presque indélébile dans les esprits. Aujourd’hui tout cela est beaucoup remis en question avec les différentes découvertes vis-à-vis de l’épigénétique.



C’est véritabelement pendant et après la seconde guerre mondiale que des question sur le développement de l’enfant et du bébé dans un premier temps ont été posé. Au alentour des années 60, la compréhension de la relation parents/bébés, avec les découvertes de Bowlby, Spitz et Harlow, a considérablement changée et encore plus évoluée. Aujourd’hui 3 axes sont perceptibles dans cette mutation :

  • Le bébé a été reconnu comme une « personne » capable
  • La théorie de la mère “toute puissante”, façonnant le bébé comme de la terre glaise, a laissé la place à la théorie transactionnelle, mettant l’accent sur les influences réciproques Mère-Bébé (circularité);
  • Les interactions directs Père/bébé ont pu être étudiées, ainsi que celles de la triadiques père/mère/bébé.
  1. Le bébé : un être compétent

L’observation direct, une grande question dans la connaissance de la psychologie. Beaucoup diront que dans la théorie psychanalytique ce n’est pas ce qui à été le fruit des production. Et pourtant, c’est en observant directement leurs propres enfants que certains psychanalystes on pu mettre au jour une nouvelle manière de percevoir le bébé et l’enfant. Par la suite les technique scientifique ont été d’une certaine manière une révolution dans l’approche du savoir de la « bébologie ».

Cette nouvelle compréhension du nourrisson le rend moins indifférencié et en contact tout de suite avec l’environnement. Il a pu être observé que l’enfant présente un certains nombre de capacités mais aussi de compétences qui ne demandent qu’à se déployer dans un milieu propice (pensez aux abeilles). Par contre il faut se rendre à l’évidence qu’une grande partie des actions du bébé ne sont rien d’autre que des réflexes, ayant certes un but mais le plus souvent à qui l’on à prêté plus d’intentions que dans la réalité des faits (voir recherche de Bruner, cité par Clifton, 2001). cependant nous ne pouvons plus ignorer que le bébé est doté d’une personnalité ou plutôt d’un caractère. Dans la relation avec ses parents, à partir de maintenant nous pouvons dire qu’il joue un rôle actif.

  • comment définir les compétences du bébé comme

« Les aptitudes potentielles d’un système à capter et à intégrer l’information et, à émettre lui-même des signaux ou à réaliser des comportements (des “performances”). L’information ou le “stimulus”, ou le signal révèleront donc la compétence latente, mais le contraire n’est pas vrai: une compétence peut, en l’absence d’un milieu adéquat, rester muette » (J. Cosnier 1984, p. 109).


Ainsi la capacité de l’enfant à se développer ou à développer ses capacités seront grandement dépendante de la qualité de son milieu de vie, ce que l’on appellera l’environnement, comme nous l’avons déjà dit plus haut. Par ailleurs nous savons aujourd’hui avec l’étude de la génétique, que cet environnement est responsable aussi de la mise en fonction de certain gène.

  • Les compétences des nourrissons sont dépendantes :

    • des conditions de présentation des stimulus au niveau de la posture (maintien de tout le corps du bébé) et du délai temporel accordé à l’enfant,
    • de l’état de conscience dans lequel se trouve le bébé : « L’état de vigilance du bébé est sans doute le critère essentiel, l’élément primordial dans l’examen du comportement. Les réactions du bébé à toute stimulation dépendent de son état de vigilance au moment du stimulus. Toute interprétation de ses réactions doit se fonder d’abord sur cette donnée» (Brazelton, 1981).

Du coup il faut définir ce qu’est l’état de vigilance chez le bébé :

C’est l’état d’éveil du nourrisson, et du jeune enfant où on le considérera comme calme et attentif (Brazelton, 1973). C’est celui où les capacités d’attention et donc les performances du bébé seront maximales : le bébé est le plus disponible pour l’interaction.

Il faut comprendre que cet état de vigilance est dans un premier temps presque inexistant, c’est grâce à sa maturation que ce types d’état va augmenter, régulièrement, pendant les premières semaines, mais toujours selon certain condition. C’est d’ailleurs très lié au capacité qu’aura l’environnement. Expliquons nous, comme nous l’avons dit c’est la disponibilité et l’écoute de l’entourage du bébé qui lui permettra d’atteindre cette position. C’est grâce à celle-ci qu’il pourra se developper (on ne le répétera jamais suffisamment).

Cependant, de nombreux auteurs comme Brazelton (1981), signalent l’importance de trouver le niveau de stimulation appropriée à chaque nourrisson et son lien avec la qualité d’attention : si le niveau de stimulation est trop faible pour un bébé, il entraîne une absence d’attention ou une perte d’intérêt. S’il est trop fort, il provoquera l’évitement. D’où l’intérêt d’indiquer, pour chacun, le registre optimal d’attention et d’éveil pour l’apparition des comportements sociaux.

Aujourd’hui nous savons grâce à la psychologie expérimentale (merci au monde d’avoir perdu son bon sens, pour que l’on expérimente tout) que nous pouvons exercer un contrôle sur nos niveaux de vigilance. Et que l’on peut utiliser cette compétence à des fins défensives, en réponse à des stimuli que l’on peut considérer comme excessifs. De nombreuses études on été menées sur la question de l’excès de stimulation, aujourd’hui l’on sait que cela peut provoquer un retrait de la personne, et que les bébés peuvent s’endormir pour se protéger.

C’est ce que l’on décrit par le nom de phénomène d’habituation : Chacun d’entre nous réagit différemment face à l’amplitude des stimulus qui se répète. L’habituation sera le témoin d’une capacité d’adaptation que l’on peut dire précoce. Cette organisation m’est en jeu un phénomène grandement étudié en psychanalyse qui s’appelle le « pare-excitant ». Mais qui ici dans la théorie de Brazelton est un pare-excitant interne.

A savoir

Dans les expériences sur les bébés ce types de phénomène est très étudiés, pour cela les chercheurs analysent les différents systèmes de réponse (regard, succion, variation du rythme cardiaque, etc). C’est très largement utilisé comme technique d’évaluation, parce que c’est non invasif ou désagréable pour le bébé et cela permet de voir si, avant l’acquisition du langage (de quelques jours à 12 mois environ),il est capable de discrimination entre deux stimuli différents.

  • Explication de la méthode expérimentale chez le nourrisson

Après la phase d’habituation au stimulus initial, on introduit un nouveau stimulus : si l’enfant le différencie du stimulus initial, on observera une réapparition ou une réaugmentation des réponses du bébé.

Il a été ainsi étudié :

  • le développement des perceptions dans les différentes modalités sensorielles,
  • le développement de la mémoire,
  • les capacités cognitives, tel la catégorisation (Gorski et al, 1987).

Bibliographie

[1] J. Bideaud, O. Houde, J.-L. Pédinielli. L’homme en développement. Éd : Broché, 2004.

  • Bick E., Remarques sur l’observation de bébés dans la formation des analystes, 1964, in Journal de la psychanalyse de l’enfant, 1992, 12, 14-35.
  • brazelton. La naissance d’une famille ou comment se tissent les liens (1983), Seuil.
  • Brazelton T. Berry, « La révolution des touch points », Le monde relationnel du bébé, Toulouse, ERES, « Hors collection », 2001, p. 33-46.
  • Campan R. et Le Camus J. (1986) Sur les pas de l’éthopsychologie. In J. Le Camus et J.Cosnier (Éds) Éthologie et Psychologie. Toulouse, Privat/I.E.C.
  • Orsini-Bouichou Francine, Hurtig Michel, Paour Jean-Louis, Planche Pascale, « 11 – Une méthode d’apprentissage destinée à analyser les relations entre développement et fonctionnement cognitifs », Développement et fonctionnement cognitifs chez l’enfant, Paris, Presses Universitaires de France, « Croissance de l’enfant genèse de l’homme », 1990, p. 223-246.
  • Spitz R.A., Some early prototypes of ego defenses, Journal of the American Psychoanalytic Association, 1961, 9: 626-51.

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