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Comment aider votre psy à réussir votre psychothérapie

Comment aider votre psy à réussir votre psychothérapie de Patrick Cady

C’est une sorte de petit manuel pour nos patients, pour vous, pour nous…De 84 pages

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, édition Liber, Montréal 2015

8 divans/10

Parce que finalement on y fait quoi chez le psy ? C’est une question que je me pose souvent quand je reçois un nouveau patient…C’est comme si à chaque fois cette question avait une nouvelle voie, une nouvelle forme, une nouvelle direction.

Certains patients arrivent, nous regardent, attendent…Quoi ? Pourquoi ? Parfois, même, j’en viens à me demander qui à besoin de qui ? Sans la parole du sujet, il ne peut rien se passer. Mais beaucoup d’entre nous (parce que les psys vont aussi voir des psys) ne disons rien…C’est le silence, qui va rompre le premier ce silence…

Attention, il y a un point capital à entendre, aller chez le psy ne doit jamais être une nécessité, pas de besoin, pas besoin… Mais un désir, c’est un désir vis-à-vis de soi, du savoir que l’on voudrait acquérir sur son histoire, sur son symptôme…

Parfois encore, il y en a d’autres qui vous débitent un discours préparé sur 5 minutes et termine sur un : « voilà jai tout dit » « euh » « oK mais vous pensez que je vais faire quoi avec ces 4 mots ? »

Il ou elle me dit : ça ne va pas, je suis malheureux ? Pourquoi ? Pas de réponse ou un « je ne sais pas »…On ne peut aller nulle part avec ça et de facto, vous allez démontrer l’inutilité du psychologue et de sa psychothérapie.

Une fois j’ai une amie qui m’a raconté sa psychothérapie, elle m’a dit : il ne me dit rien, je sais déjà tout ce quil me ditVraiment ? OuiEst-ce que finalement ce n’est pas ça que tu fais ?Comment ça ? Est-ce que tu ne lui dis pas ce que tu sais déjà ?

Elle n’a jamais compris ce que je voulais dire, et pire au vu de la grande incompétence de son psy (ce dont je doute, connaissant mon amie) elle a décidé de se passer de lui, après comme elle me l’a dit « te parler à toi me coûte moins cher ». J’ai décidé d’arrêter de la voir moi aussi, après tout au vu de sa grande incompétence à être mon amie, n’était-ce pas la seule solution ?

Est-ce que tu ne lui dis pas ce que tu sais déjà ? Qu’est-ce que cela voudrait dire ?

On ne se rend pas compte à quel point au final nous parlons très peu de nous, certains parlent d’autres non. Mais dans les deux cas souvent pour ne pas dire toujours d’aucuns parle de lui ou d’elle. C’est comme si au final, il fallait apprendre à parler de soi, à l’autre. L’autre qui ne dit rien mais qui est là pour écouter votre petite musique inconsciente. C’est comme un exercice où l’on vous demande de reconnaître tous les instruments dans un morceau. Et notre rôle c’est de vous rendre chaque instrument. Mais pour que nous puissions écouter cette musique il faut que vous puissiez nous parler. Parler dans un premier temps, puis, ensuite parler de vous…Parce que le but c’est de devenir sujet de votre histoire.

Il n’y a pas d’introduction au livre de P. Cady, il démarre avec son grand 1 : la passivité

Comment ça, je devrais aider mon psy à réussir ma psychothérapie ? Je suis complètement perdu, je voudrais juste que quelquun tienne ma main pour mempêcher de mécraser au fond du gouffre, dans la folie ou dans la mort et vous me dites que je dois aider cette personne si je veux quelle me sauve ? !

_Non, je nignore pas quil se peut que vous soyez dans un tel danger, une totale désorganisation, une détresse sans bord auquel vous raccrochez. Lurgence et la prise en charge psychiatrique peuvent être alors des recours nécessaires, mais cela ne veut pas dire que le bureau dun psy ne soit pas un lieu de recours pour vous. Je comprends que ma formule vous scandalise et vous donne limpression que je fais du Woody Allen de manière irresponsable. Sans doute, pour moins vous heurter, la formule juste serait-elle de dire : « comment faire avec votre psy pour que votre psychothérapie réussisse ». Mais jai pensé quil fallait dès le début un signal assez fort pour quil soit repéré.

Ce petit livre est fait de ce que jai appris avec mes patients qui mont aidé à devenir capable de vous tenir la main que vous aurez eu la force de me tendre en risquant le premier geste hors de votre refuge.

Mais votre première réaction sera peut-être simplement dêtre effrayé par une invitation si inattendue. Vous direz peut-être : « cest son métier, pas le mien ! Cest à lui de savoir comment sy prendre avec les problèmes que jai. »

Il se peut que lidée que vous vous faites du métier de psy soit marquée par le modèle médical traditionnel où le savoir nest que du côté du médecin et où vous navez pas dautre choix que de vous soumettre passivement au traitement. Les médecins sont de plus en plus nombreux à dénoncer cette passivité quils considèrent comme nuisible à lefficacité du traitement, notamment oncologie dune manière plus générale et encore plus évidente en médecine préventive.

Il faut dabord vous dire que se mettre dans un état passif peut faire partie des mécanismes de défense vitaux ; cet état permet dopposer une force dinertie aux pressions dangereuses venant des autres, mais il vous protège aussi éventuellement de vos mouvements autodestructeurs, avant même que vous ne preniez conscience dun tel risque en vous. Il ne faut donc pas que vous vous laissiez persuader par votre entourage familial, professionnel ou amical, que votre passivité est entièrement négative et quil faut vous en débarrasser au plus vite. De telles pressions ne font que renforcer cette défense en la rendant dautant plus nécessaire. Cest laspect positif de votre dépression que la souffrance vous empêche de reconnaître

La dépression nest pas une maladie que vous auriez attrapée par une fantaisie virale ou génétique ; elle nest pas la cause de votre souffrance, mais la réaction à une souffrance ayant des racines souvent bien plus anciennes. Il se peut cependant que cette passivité fasse partie de vos difficultés de vivre, quelle cache une agressivité interdite ou une opposition silencieuse à toute intervention du psy appréhendée comme une intrusion. Cest dailleurs un des paradoxes du métier de psy : comment vous aider en vous invitant à parler de ce que vous navez peut-être pas encore dit à personne si vous avez souffert dun parent ne respectant pas votre intimité en exigeant de vous de ne rien lui cacher ?

Il ne sagit donc pas de vous forcer à sortir de cette passivité qui vous protège, mais il ne faut pas y renoncer en oubliant quune psychothérapie est un travail qui se fait à deux. Si vous laissez votre psychothérapeute se débrouiller seul, vous lui permettrez peut-être de faire un bon show à la sortie duquel vous vous sentirez content davoir payé votre place, mais vous nen retirerez aucun effet durable. Cela dit, le premier obstacle à votre participation active est que, dans la plupart des cas, vous ne savez rien ou pas grand-chose de la part de travail qui vous incombe ; le but de ce petit « manuel » est de vous informer sur la façon de répondre à ce que vous propose votre psy et même de vous suggérer les initiatives à prendre là où votre psy nintervient pas, pour différentes raisons. « 

Tables des matières :

  1. La passivité
  2. Le lien de confiance et le secret
  3. Choisir son psy
  4. Le choix de la technique
  5. La parole et l’écoute
  6. Voir et écouter
  7. Parler sans a priori
  8. Critiquer votre psy
  9. Se plaindre
  10. Raconter
  11. Tout dire ?
  12. Votre couple
  13. La mémoire collective dans votre psychothérapie
  14. Aider
  15. Réussir

 

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